Sicile hors des sentiers battus : villages cachés et destinations loin des foules
Sicile hors des circuits touristiques : 12 villages, châteaux rupestres et sites antiques de l'intérieur et des côtes secondaires, loin des foules.
Foto: shots of carmen fiano (Public Domain) — Flickr
Taormine, la Vallée des Temples, les plages de San Vito Lo Capo : la Sicile qui fait la une des guides n'est qu'une petite partie de l'île. Choisir la Sicile hors des circuits touristiques, c'est miser sur l'intérieur ennéen et madonite, sur les côtes secondaires et sur les sites archéologiques qui restent à moitié vides même en juillet. Voici douze destinations concrètes, atteignables en une journée depuis les villes principales, où la différence n'est pas seulement le nombre de visiteurs, mais aussi le prix, la disponibilité de stationnement et la possibilité de parler avec les gens qui y vivent encore.
L'intérieur montagneux
On commence par le cœur montagneux de l'île, entre Nebrodi et Madonie. À environ cinquante kilomètres d'Enna, Sperlinga abrite un château qui n'a pas été construit sur la roche mais creusé dedans : écuries, prisons, citernes et une cinquantaine de maisons-grottes habitées jusqu'aux années soixante. Sur l'arc d'entrée reste gravée la phrase des Vêpres (« Quod Siculis placuit, sola Sperlinga negavit »), et dans le bourg on parle encore un dialecte gallo-italique quasi incompréhensible pour le reste de l'île. Plus à l'est, sur les Madonie, Gangi monte en gradins de pierre jusqu'à la tour des Ventimiglia : l'un des villages les plus pittoresques de la Sicile intérieure, pourtant rarement bondé.
Il y a ensuite la Sicile que le XXe siècle a figée d'un coup. Poggioreale Antica, dans la Valle del Belìce, fut abandonnée après le tremblement de terre de janvier 1968 et est restée telle quelle depuis lors. Bonne nouvelle pour qui veut la visiter : en juin 2026, le bourg a officiellement rouvert aux visiteurs grâce à un projet de régénération financé par des fonds PNRR, et il vaut mieux réserver avec l'association locale plutôt que d'entrer par les brèches. Il vaut la peine de la combiner avec Gibellina Vecchia et le Cretto di Burri, non loin.
Archéologie sans files d'attente
Pour qui cherche l'archéologie sans queue, l'île est une mine. À quelques kilomètres de Syracuse, le Castello Eurialo est la plus grande forteresse grecque parvenue jusqu'à nous : fossés creusés dans la roche et galeries souterraines que l'on parcourt presque toujours en solitaire, pendant qu'Ortygie se remplit. Dans l'arrière-pays syracusain, Pantalica aligne des milliers de tombes rupestres sur les parois des gorges de l'Anapo, dans un canyon où l'on marche dans l'oxygène et le silence. Sur la côte tyrrhénienne, près de Capo d'Orlando, les mosaïques de Patti Marina racontent une villa romaine tardo-antique qui survit littéralement sous un viaduc autoroutier, et est presque toujours déserte.
La Sicile occidentale
La Sicile occidentale offre des étapes tout aussi sous-estimées. Dans la lagune du Stagnone, Mozia et les salines de Marsala composent un paysage de moulins à vent, de tas de sel et d'une petite île phénicienne que l'on rejoint en bateau : le célèbre Jeune Homme de Mozia vaut à lui seul le voyage. Un peu plus au sud, vers Sélinonte, les Carrières de Cusa conservent les tambours de colonnes laissés à mi-extraction quand la ville fut attaquée en 409 av. J.-C. : un chantier grec congelé, gratuit et immergé dans les oliviers.
L'art mineur ne manque pas non plus, qui ailleurs suffirait à lui seul à un itinéraire. Caltagirone, capitale de la céramique, monte avec les 142 marches de l'Escalier de Santa Maria del Monte, chacune décorée de faïences différentes. Dans les bois de la vallée de l'Alcantara, la Cuba de Santa Domenica est une petite église byzantine à coupole qui résiste parmi les vignes depuis plus de mille ans. Et au-dessus de Cefalù, avant de descendre parmi les touristes du front de mer, les murailles mégalithiques et le Temple de Diane récompensent la montée vers la Roche avec des pierres cyclopéennes et une vue sur le golfe.
Palerme aussi a sa version moins foulée. San Giovanni degli Eremiti, avec ses coupoles rouges d'inspiration arabe et un cloître-jardin recueilli, reste tranquille tandis que les Quattro Canti se remplissent ; et entre le vieux port et le quartier arabe, La Cala et la Kalsa cachent des cours et des ruelles où la ville montre sa stratification sans mise en scène.
Conseils pratiques
Ces lieux donnent le meilleur hors haute saison, d'avril à juin et de septembre à octobre, quand la chaleur est gérable et que les sites ouvrent avec des horaires complets. Vérifiez toujours les horaires (beaucoup de sites secondaires ferment l'après-midi) et comptez sur une voiture : l'intérieur sicilien récompense ceux qui sont prêts à quitter la côte.
Guides pratiques pour Udine
Infos pratiques
Quelle est la meilleure période pour visiter Sicile hors des sentiers battus ?
La période recommandée est Avril, Mai, Juin, Septembre et Octobre, quand l'affluence est moindre.
Où se trouve Sicile hors des sentiers battus ?
Sicile hors des sentiers battus se trouve en Italie.