Kotor la vieille : au-delà des murs, le labyrinthe secret que les croisiéristes ne voient pas
Kotor cache un labyrinthe médiéval de ruelles, d'églises romanes et de chats au-delà de la place principale : voici comment découvrir la ville authentique.
Foto: Diego Delso (CC BY-SA 4.0) — Wikimedia Commons
Le labyrinthe qui commence là où finissent les croisières
Chaque matin, de huit à dix heures, des milliers de passagers des navires de croisière envahissent la place d'Armes de Kotor, se prennent en selfie devant la cathédrale Saint-Tryphon, achètent un aimant et retournent à bord. La vieille ville, pendant ce temps, respire ailleurs : dans les impasses qui grimpent vers les murailles, dans les cours intérieures où le linge étendu fait office de drapeau, dans les cafés cachés où les locaux boivent le turska kafa en lisant le journal.
Pour trouver la Kotor authentique, il faut y arriver avec un plan précis : entrer par la porte sud (Porte de la Mer du Sud), moins fréquentée que la principale, et se perdre immédiatement. Le réseau de ruelles est médiéval, conçu pour dérouter les envahisseurs, et il fonctionne à merveille avec les touristes aussi.
Les églises que personne ne visite
Kotor compte plus d'églises au mètre carré que presque n'importe quelle ville européenne. La cathédrale Saint-Tryphon (1166) est magnifique, mais tout le monde la connaît. Moins connus sont :
- Sainte-Marie-Collégiale : église romane du XIIe siècle, souvent fermée mais avec une façade qui mérite un arrêt.
- Saint-Luc : petite église orthodoxe de 1195 avec des fresques originales encore visibles. Seule église de Kotor où l'on célébrait simultanément les rites catholiques et orthodoxes.
- Sainte-Anne : dans la partie haute de la vieille ville, accessible uniquement à pied par des escaliers raides. Le silence ici est total.
- Saint-Paul : cachée derrière un arc, avec une cour intérieure où dorment souvent les chats de la ville.
Les chats, à Kotor, sont une présence institutionnelle. Le Musée des Chats, petit et surprenant, rassemble estampes, peintures et objets dédiés aux félins. Sur la place des Chats, une fontaine fournit de l'eau fraîche aux errants qui vivent ici comme des rois.
La montée aux murailles
La forteresse de San Giovanni se rejoint en gravissant 1 350 marches le long des murailles vénitiennes qui enlacent la vieille ville. L'entrée coûte huit euros en été (gratuit en hiver) et la montée prend environ une heure. Le panorama depuis le sommet — la baie en contrebas, les montagnes à pic, les toits rouges de la ville — est l'un des plus photographiés du Monténégro. Mais le secret est de s'arrêter à mi-chemin : l'église Notre-Dame-de-la-Santé, au premier tiers de la montée, offre une vue presque aussi belle avec un dixième de l'effort.
Manger comme un local
Sortez de la vieille ville pour manger. Les restaurants à l'intérieur des murs ont des prix touristiques et une qualité variable. Juste au-delà de la Porte Nord, dans le quartier de Škaljari, se trouvent les konobe où mangent les locaux :
Les ćevapi (boulettes de viande hachée grillée, servies dans le pain somun avec oignon cru et kajmak) sont le déjeuner rapide par excellence. Pour le dîner, essayez les lignje na žaru (calmars grillés), le njeguški steak (steak fourré de jambon et de fromage de Njeguši) et la riblja čorba (soupe de poisson épicée). Le vin est le Vranac pour le rouge, le Krstač pour le blanc — tous deux monténégrins et honnêtes.
Comment arriver et quand
L'aéroport de Tivat est à sept kilomètres, desservi par des vols low-cost depuis plusieurs villes italiennes. Depuis Dubrovnik, comptez deux heures de route en passant la frontière croate. En bus, Kotor est reliée à Podgorica, Budva et Herceg Novi.
La meilleure période est avril-juin et septembre-octobre. En plein été, la vieille ville est étouffante (la chaleur s'accumule entre les murs de pierre) et les croisières arrivent chaque jour. En mai, les ruelles embaument le jasmin et la lumière est parfaite pour les photographies.
Le conseil en plus
Si vous dormez à Kotor, levez-vous avant sept heures. La vieille ville à l'aube, sans personne, avec la lumière qui entre obliquement dans les ruelles et les chats qui s'étirent sur les rebords de fenêtre, est un endroit totalement différent de la Kotor de midi. Et le soir, après vingt-deux heures, quand le dernier bus des croisières est parti, les bars des locaux rouvrent sur la rive et la baie devient un miroir noir ponctué de lumières. C'est ça, la vraie Kotor.
Infos pratiques
Quelle est la meilleure période pour visiter Kotor la vieille ?
La période recommandée est Avril, Mai, Juin, Septembre et Octobre, quand l'affluence est moindre.
Kotor la vieille est-elle bondée ?
Kotor la vieille est une destination peu bondée par rapport aux sites les plus touristiques.
Où se trouve Kotor la vieille ?
Kotor la vieille se trouve en Kotor.