Travnik

Travnik : la ville des vizirs, d'Ivo Andrić et du meilleur burek de Bosnie

Travnik, ancienne capitale ottomane de la Bosnie, abrite une forteresse colorée, des mosquées peintes et la tradition du burek le plus ancien du pays.

Foto di copertina — Travnik : la ville des vizirs, d'Ivo Andrić et du meilleur burek de Bosnie

Foto: Christian Bickel (CC BY-SA 4.0) — Wikimedia Commons

La capitale oubliée

Pendant cent cinquante ans, de 1699 à 1851, Travnik fut la capitale de la Bosnie ottomane — siège des vizirs qui gouvernaient la province pour le compte du sultan. Ivo Andrić, prix Nobel de littérature, y naquit en 1892 et situa à Travnik son roman « La Chronique de Travnik », une fresque de la société bosniaque ottomane vue à travers les yeux des consuls européens. Aujourd'hui, Travnik est une petite ville tranquille de trente mille habitants, coincée entre les montagnes de la Bosnie centrale et ignorée par la plupart des touristes qui filent de Sarajevo à Mostar.

Depuis Sarajevo, on arrive en une heure et demie de voiture (quatre-vingt-dix kilomètres). Les bus sont fréquents et le billet coûte environ dix marks (cinq euros). Depuis Jajce, une heure.

Que voir

La forteresse médiévale

La Stari Grad (vieille forteresse) domine Travnik du haut d'une colline verdoyante. Construite au XVe siècle et agrandie par les Turcs, la forteresse possède des murs bien conservés, une tour d'observation et une cour intérieure où l'on donne des concerts en été. La vue depuis la tour embrasse la ville, la vallée de la Lašva et les montagnes de la Bosnie centrale — un panorama qui explique pourquoi les vizirs choisirent ce lieu comme siège du pouvoir.

Les mosquées peintes

Travnik est connue pour ses mosquées aux décorations florales peintes — une caractéristique rare de l'architecture ottomane en Bosnie :

- Mosquée Šarena (Colorée) : la plus célèbre, avec des décorations florales polychromes sur les murs extérieurs et un intérieur lumineux avec des calligraphies arabes.

- Mosquée Sulejmanija : construite en 1757, avec une fontaine dans la cour et un cimetière ottoman où les stèles racontent des siècles d'histoire.

- Mosquée Lukačka : plus petite et intime, avec un portique en bois qui rappelle les maisons rurales bosniaques.

La maison d'Ivo Andrić

La maison natale d'Ivo Andrić, transformée en musée, est une modeste habitation au centre-ville. Le musée rassemble des éditions originales, des photographies, des manuscrits et des objets personnels de l'écrivain. Pour les amateurs de littérature, c'est un pèlerinage ; pour tous les autres, une occasion de découvrir l'un des grands narrateurs européens du XXe siècle. L'entrée coûte 3 KM (1,50 euro).

Le burek de Travnik

Travnik est considérée comme la capitale du burek bosniaque. La rivalité avec Sarajevo est féroce, mais beaucoup de Bosniaques admettent — à contrecœur — que le burek de Travnik est supérieur. Le secret réside dans la pâte, étirée à la main jusqu'à devenir très fine, et dans la garniture de viande hachée cuite lentement avec des oignons. Le burek se mange traditionnellement au petit-déjeuner, avec du yaourt frais à boire.

Les buregdžinice les plus réputées se trouvent le long de la rue principale : la Ćevabdžinica Dženita et la Buregdžinica Sejo produisent burek et ćevapi du matin au soir. Un burek entier coûte environ trois marks (1,50 euro). Autres spécialités locales : le sogan-dolma (oignons farcis à la viande), les ćevapi servis dans le somun avec du kajmak de Vlašić, et le trahana (soupe de blé fermenté).

Excursions : le Mont Vlašić

Au-dessus de Travnik s'élève le Mont Vlašić (1 943 m), l'« Olympe de la Bosnie », avec des pâturages d'altitude où l'on produit le célèbre Vlašićki sir (fromage de Vlašić), l'un des fromages les plus appréciés de l'ex-Yougoslavie. En été, les pâturages sont parsemés de fleurs et les bergers vendent du fromage frais directement depuis leurs cabanes. En hiver, Vlašić devient station de ski — petite, économique, fréquentée uniquement par les locaux.

Quand y aller

D'avril à octobre pour la ville. Pour le Mont Vlašić, juin-septembre (ou décembre-mars pour le ski). Travnik ne dispose pas d'une industrie touristique développée — les hébergements sont peu nombreux mais honnêtes : quelques hôtels et pensions familiales à 25-35 euros la double. La ville se visite en une demi-journée, mais la combiner avec Jajce (une heure) permet de construire un itinéraire dans la Bosnie cachée qui vaut le voyage plus que n'importe quel tour organisé.

Infos pratiques

Quelle est la meilleure période pour visiter Travnik ?

La période recommandée est Avril, Mai, Juin, Juillet, Août, Septembre et Octobre, quand l'affluence est moindre.

Travnik est-elle bondée ?

Travnik est une destination presque déserte par rapport aux sites les plus touristiques.

Où se trouve Travnik ?

Travnik se trouve en Travnik.

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