Frioul-Vénétie Julienne

Pesariis : le village des horloges au cœur de la Carnie

Un minuscule village dans les Alpes Carniques où chaque recoin cache une horloge monumentale et où l'on fabrique des mécanismes à balancier depuis trois siècles. Pesariis est un musée à ciel ouvert hors du temps.

Foto di Frioul-Vénétie Julienne — Pesariis : le village des horloges au cœur de la Carnie

Foto: Petar Milošević (CC BY-SA 4.0) — Wikimedia Commons

Il y a des lieux qui semblent inventés par l'imagination d'un écrivain et qui pourtant existent vraiment, cachés dans un repli des montagnes où personne ne penserait les chercher. Pesariis est l'un d'eux : un village de quelques dizaines d'âmes niché dans la Val Pesarina, dans les Alpes Carniques du Frioul, où depuis trois cents ans on fabrique des horloges. Pas des horloges ordinaires, mais des mécanismes à balancier, solaires, hydrauliques, monumentaux, qui ont scandé le temps des églises et des palais dans toute l'Italie.

La tradition horlogère de Pesariis remonte au XVIIIe siècle, quand la famille Solari commença à construire des horloges de tour dans sa propre boutique. L'activité grandit jusqu'à devenir la Solari di Udine, la société qui au XXe siècle inventa la célèbre horloge à palettes — celle avec les chiffres qui se tournent avec un clac mécanique, présente dans toutes les gares ferroviaires italiennes jusqu'aux années 1990. Ce son inimitable, bande-son de départs et d'arrivées pour des générations de voyageurs, est né ici, dans les montagnes de la Carnie.

Aujourd'hui Pesariis est un musée à ciel ouvert dédié à la mesure du temps. En se promenant dans les ruelles étroites du village, on rencontre une vingtaine d'horloges monumentales installées sur les façades des maisons, dans les jardins, sur les petites places. Il y a le cadran solaire à réflexion, qui projette un rayon de lumière sur un mur intérieur par un miroir positionné sur le bord de la fenêtre. Il y a l'horloge hydraulique, un mécanisme fascinant où le flux de l'eau actionne des engrenages et des aiguilles. Il y a le cadran solaire aux heures italiques, qui divise le jour selon le système utilisé avant la Révolution Française. Chaque horloge a un panneau explicatif, mais la meilleure façon de les apprécier est la visite guidée organisée par le Musée de l'Horlogerie, hébergé dans un bâtiment au centre du village.

Le Musée de l'Horlogerie de Pesariis est petit mais extraordinaire. Dans ses salles, on retrace l'histoire de la mesure du temps depuis les cadrans solaires égyptiens jusqu'aux horloges atomiques, avec une collection de mécanismes anciens fonctionnels que le conservateur actionne pour les visiteurs avec la fierté de celui qui garde un patrimoine irremplaçable. La pièce maîtresse est une horloge de tour du XVIIIe siècle, entièrement restaurée, dont les engrenages de fer forgé tournent avec la précision millénaire de la mécanique pré-industrielle. La visite dure environ une heure et demie et coûte quelques euros — un rapport qualité-prix sans rival dans aucun musée italien.

Mais Pesariis n'est pas que des horloges. Le village est entouré d'un paysage alpin d'une rare beauté. La Val Pesarina est une vallée étroite et verte où les prés alternent avec les forêts de sapins et de mélèzes, et où en hiver la neige transforme tout en une crèche vivante. Le torrent Pesarina coule entre des rochers polis en formant des vasques cristallines où en été les jeunes du coin plongent. Le sentier qui monte à la Malga Losa (1 580 m) part du centre du village et en deux heures conduit à un alpage encore en activité où l'on produit le fromage de montagne, une tomme fraîche qui sent l'herbe et le vent.

Pour manger à Pesariis les options sont peu nombreuses mais authentiques. L'Albergo Ristorante Pradibosco, à l'entrée du village, sert les plats de la tradition carnique avec des matières premières locales : cjarsons au beurre fondu et ricotta fumée, frico avec polenta, gibier en daube avec champignons porcini ramassés dans les bois environnants. Le pain est celui de seigle de la Carnie, dense et parfumé, qui se conserve des semaines. À boire, le Ramandolo, un vin doux issu de raisins Verduzzo qui se produit uniquement sur les collines autour de Nimis, à une heure de voiture : c'est le compagnon parfait pour clore le repas avec une tranche de gubana, le gâteau frioulan farci de noix, de raisins secs et de grappa.

Pesariis se rejoint depuis Udine en environ une heure et demie, en remontant la vallée du Tagliamento jusqu'à Tolmezzo puis en déviant vers la Val Pesarina. La route est panoramique et tranquille, loin des grands axes touristiques. Pas d'hôtels de luxe, pas de restaurants étoilés, pas de boutiques de souvenirs. Il y a un village où le temps — paradoxe voulu — semble s'être arrêté, où les horloges anciennes scandent des heures que personne n'a hâte de compter, où la montagne frioulane se montre dans son essence la plus pure : austère, fière, généreuse avec ceux qui ont la patience de la découvrir.

Pour ceux qui veulent prolonger la visite, la proche Prato Carnico offre quelques options d'hébergement supplémentaires, et de là partent des sentiers qui conduisent vers les sommets des Alpes Carniques, à la frontière avec l'Autriche. C'est un Frioul que peu connaissent, loin de la mer et des villes, où la beauté ne s'exhibe pas mais se cache à chaque virage de la route.

Guides pratiques pour Udine

Infos pratiques

Quelle est la meilleure période pour visiter Pesariis ?

La période recommandée est Mai, Juin, Juillet, Août et Septembre, quand l'affluence est moindre.

Pesariis est-elle bondée ?

Pesariis est une destination presque déserte par rapport aux sites les plus touristiques.

Où se trouve Pesariis ?

Pesariis se trouve en Frioul-Vénétie Julienne.

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