Venosa : sur les traces d'Horace dans la ville du poète
Ville natale du poète Horace et carrefour de civilisations de la Rome républicaine aux Normands, Venosa est un joyau archéologique et gastronomique dans le nord de la Basilicate.
Quintus Horatius Flaccus — Horace, pour les amis et pour vingt-cinq siècles de lecteurs — naquit ici en 65 av. J.-C., dans cette petite ville posée sur les collines du Vulture, à la frontière entre Basilicate et Pouilles. Venosa porte son nom avec un orgueil discret, sans fanfares touristiques, sans marchandisation. La statue du poète trône sur la place principale, et une plaque sur la maison natale présumée, via Orazio, cite les vers des Satires avec le naturel de celui qui les connaît depuis toujours.
Mais Venosa est bien plus qu'Horace. Cette ville stratifiée raconte deux mille ans d'histoire italienne avec une densité de témoignages qui laisse stupéfait. On commence par le Parc Archéologique, une vaste zone en bordure du centre historique où les fouilles ont mis au jour un quartier résidentiel romain avec thermes, un amphithéâtre du Ier siècle apr. J.-C. pouvant accueillir dix mille spectateurs et, surtout, le complexe monumental de la Santissima Trinità.
La Trinité est peut-être le monument le plus extraordinaire de toute la Basilicate septentrionale. Il s'agit en réalité de deux églises adjacentes : l'Église Ancienne, achevée à l'époque normande au XIe siècle et parfaitement conservée, et l'Église Inachevée, un ambitieux projet bénédictin du XIIe siècle jamais mené à terme. Les colonnes de l'église inachevée, provenant d'édifices romains et paléochrétiens, créent un effet scénographique d'une rare puissance : un temple à ciel ouvert où la pierre dorée dialogue avec le ciel bleu de Lucanie.
À l'intérieur de l'Église Ancienne reposent les dépouilles de Robert Guiscard et de ses frères, les chevaliers normands qui au XIe siècle conquirent l'Italie méridionale en partant précisément de ces terres. Les tombes sont simples, presque austères, en contraste avec la grandeur des exploits de ces hommes qui changèrent l'histoire de la Méditerranée.
Flâner dans le centre historique de Venosa est un plaisir pour les yeux et le palais. Le Château Pirro del Balzo, imposante forteresse aragonaise du XVe siècle, abrite le Musée Archéologique National avec des pièces allant de la préhistoire à l'époque romaine. De là, la via Vittorio Emanuele mène au cœur du vieux bourg en traversant la Piazza Orazio, avec ses cafés et ses arcades où la vie sociale de la ville se déroule encore à un rythme lent.
La cuisine de Venosa est un chapitre à part. La ville est réputée pour l'Aglianico del Vulture, l'un des grands rouges du sud de l'Italie, et en se promenant parmi les caves du centre historique, il est possible de déguster d'excellents millésimes à des prix encore raisonnables. Le restaurant Il Baliaggio, aménagé dans les anciennes écuries du château, propose une cuisine qui met en valeur les produits du terroir : strascinati aux poivrons cruschi et chapelure frite, morue à la lucanienne avec poivrons et olives, agneau du Vulture à la braise. Pour une expérience plus rustique, l'Hostaria Orazio, via Roma, sert des plats de la tradition paysanne dans un cadre familial où le maître de maison vous racontera l'histoire de chaque plat.
Ne manquez pas le quartier juif, un dédale de ruelles étroites autour de la via Frusci où la communauté juive de Venosa — l'une des plus anciennes d'Europe — a prospéré pendant des siècles. Les catacombes juives sur la colline de la Maddalena, avec leurs inscriptions en hébreu, grec et latin, sont un témoignage unique de la coexistence multiculturelle qui a caractérisé cette ville pendant des millénaires.
Venosa est facilement accessible depuis la E847 Basentana (sortie Palazzo San Gervasio) ou depuis l'A16 Naples-Bari (sortie Candela). Depuis Potenza, comptez environ 80 kilomètres ; depuis Bari, environ 120. La gare ferroviaire est reliée à la ligne Potenza-Foggia, avec des correspondances peu fréquentes mais utilisables.
Pour dormir, le Palazzo del Poeta est un petit hôtel de charme dans le centre historique, aménagé dans un palais noble du XVIIIe siècle avec fresques d'origine et une terrasse avec vue sur le château. Les meilleurs mois pour la visite sont avril, mai et septembre-octobre, quand le climat est idéal pour les promenades et les visites en plein air. En août, la ville s'anime pour la Sagra dell'Aglianico, une occasion parfaite d'allier culture et gastronomie.
Venosa est l'un de ces lieux qui font comprendre à quel point le tourisme italien grand public est réducteur : tandis que des millions de visiteurs s'entassent à Pompéi ou à Rome, ici on se promène entre ruines romaines, églises normandes et catacombes juives dans une solitude qui a le goût du privilège.
Infos pratiques
Quelle est la meilleure période pour visiter Venosa ?
La période recommandée est Avril, Mai, Septembre et Octobre, quand l'affluence est moindre.
Venosa est-elle bondée ?
Venosa est une destination presque déserte par rapport aux sites les plus touristiques.
Où se trouve Venosa ?
Venosa se trouve en Basilicate.