Où dormir à Matera : nuits de tuf entre les Sassi et la Murgia
Guide complète des hébergements à Matera : des grottes-hôtels creusées dans le tuf aux palais nobiliaires, des B&B rupestres aux masserie de la Murgia.
Dormir à Matera : quand l'hébergement devient le voyage
Il existe des villes où l'hôtel n'est qu'un lieu de repos entre deux visites, et puis il y a Matera. Dans cette cité antique taillée dans les ravins calcaires de la Basilicate, le choix de l'hébergement n'est pas un détail logistique mais le premier acte véritable du voyage. Les Sassi, ces deux quartiers historiques de grottes troglodytiques inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1993, ne sont pas un simple décor pittoresque à admirer de loin : ils forment un organisme urbain vivant où des milliers d'habitations creusées dans le tuf au fil des millénaires abritent aujourd'hui certains des hébergements les plus extraordinaires de toute la Méditerranée. Dormir à l'intérieur de la roche, sous des plafonds voûtés qui conservent la température naturelle de la terre, avec la lumière qui filtre par des fenêtres sculptées dans la pierre, c'est transformer une simple nuit d'hôtel en un acte d'immersion totale dans l'histoire humaine.
L'éventail des hébergements à Matera dépasse largement ce que la plupart des visiteurs imaginent. Au-delà des célèbres grottes-hôtels, on trouve des palais nobiliaires des XVIIe et XVIIIe siècles convertis en résidences de charme, des chambres d'hôtes tenues par des familles dont la grand-mère vivait dans cette même grotte, et des fermes fortifiées disséminées dans le paysage lunaire du plateau de la Murgia. Chaque type d'hébergement offre un rythme différent, une perspective différente sur cette ville improbable, et comprendre cette mosaïque est le premier pas pour vivre Matera non comme un touriste pressé mais comme un hôte attentif. Ce guide s'appuie sur l'expérience directe, sur des nuits passées à écouter le silence profond des Sassi et des matins à regarder le soleil teinter le tuf de rose, et il vise à vous aider à trouver l'hébergement qui correspond le mieux à votre façon de voyager.
Matera récompense ceux qui ralentissent, qui s'attardent, qui se laissent surprendre. Le tourisme éclair, celui des autocars qui déposent des groupes pour quelques heures avant de repartir, ne saisit que la surface d'un lieu qui a besoin de temps pour se révéler. Et ce temps commence précisément dans la chambre où vous dormez : dans la façon dont la lumière change sur les parois de tuf au fil de la journée, dans le parfum du pain de Matera qui monte des boulangeries chaque matin, dans le son des cloches qui rebondit entre les ruelles. Bien choisir où dormir, c'est choisir quelle Matera vous voulez connaître.
Les quartiers de Matera : où poser ses valises
Sasso Barisano : le cœur accessible de la cité troglodytique
Le Sasso Barisano est le plus grand et le plus accessible des deux quartiers historiques, celui qui s'offre au regard lorsqu'on arrive de la ville moderne par la Via Fiorentini ou qu'on descend de la Civita le long des escaliers de tuf. C'est ici que se concentre la majorité des hébergements rupestres, des hôtels-boutiques de luxe aux maisons d'hôtes les plus intimes, et la raison en est simple : le Barisano a été le premier quartier à bénéficier de la renaissance de Matera dans les années 1990, quand les premiers entrepreneurs pionniers ont commencé à transformer les grottes abandonnées en chambres d'hôtes. Ses rues, qui sont souvent littéralement les toits des habitations en contrebas, forment un labyrinthe vertical où chaque porte peut dissimuler une suite creusée dans la montagne.
Séjourner dans le Sasso Barisano, c'est avoir la Matera touristique à portée de main : restaurants, ateliers d'artisans, bars avec terrasse surplombant le canyon de la Gravina, tout est accessible en quelques minutes à pied. Mais c'est aussi se retrouver dans le flux des visiteurs pendant la journée, un détail à considérer pour ceux qui recherchent la solitude absolue. Le soir, cependant, le Barisano se métamorphose : les excursionnistes repartent, les éclairages discrets illuminent les façades de tuf, et le quartier retrouve cette quiétude minérale qui fait sa singularité. Les meilleures adresses ici sont celles qui ont su préserver l'architecture rupestre originale tout en offrant le confort moderne : recherchez les chambres aux voûtes en berceau, les citernes récupérées, et cette sensation d'être enveloppé par la roche qu'aucun hôtel conventionnel ne pourra jamais reproduire.
Les prix dans le Barisano reflètent sa centralité et sa popularité. Pour une grotte-hôtel de bonne facture, comptez à partir de 150 euros la nuit en basse saison, avec des pointes dépassant les 400 euros pour les suites les plus spectaculaires en haute saison. Les chambres d'hôtes rupestres offrent une excellente alternative, avec des tarifs entre 80 et 150 euros qui incluent souvent un petit-déjeuner aux produits locaux servi dans des décors tout aussi évocateurs. Réserver longtemps à l'avance est vivement recommandé, en particulier pour les week-ends entre avril et octobre, quand les établissements les plus prisés affichent complet des semaines avant.
Sasso Caveoso : l'âme plus profonde et plus silencieuse
Si le Barisano est le visage le plus connu des Sassi, le Caveoso en représente l'âme la plus secrète. Ce quartier, orienté vers le sud et faisant face directement au canyon de la Gravina et au parc de la Murgia Materana, conserve une atmosphère plus recueillie et moins commerciale, avec des ruelles plus étroites, des escaliers plus raides et un sentiment d'isolement qui par moments semble vous transporter des siècles en arrière. Les grottes y sont souvent plus primitives, moins remaniées, et les hébergements tendent à préserver cette rudesse avec une fidélité accrue, offrant une expérience de séjour plus brute et plus authentique.
Le Caveoso est le quartier de ceux qui cherchent la Matera contemplative : celle des églises rupestres ornées de fresques cachées parmi les rochers, des panoramas sur le canyon qui s'embrasent d'orange et de violet au couchant, du silence rompu seulement par le vent qui remonte du ravin. Dormir ici implique souvent d'accepter quelques compromis pratiques : les rues ne sont pas toujours accessibles en voiture, les bagages doivent être portés à la main le long de marches irrégulières, et la remontée vers le Piano peut mettre à l'épreuve des jambes peu entraînées. Mais pour ceux qui acceptent ce petit effort physique, la récompense est une immersion dans la Matera la plus vraie, celle qui a ému des cinéastes comme Pier Paolo Pasolini et Mel Gibson au point de choisir ces mêmes rues comme toile de fond.
Les hébergements du Caveoso sont généralement de taille plus modeste que dans le Barisano, souvent tenus par des familles materanes qui ont restauré les grottes de leurs ancêtres avec dévotion et savoir-faire. Les prix tendent à être légèrement plus accessibles, avec des chambres d'hôtes rupestres à partir de 70 à 80 euros et des hôtels-boutiques dépassant rarement les 300 euros. Certaines des expériences les plus mémorables se trouvent précisément ici : des chambres où le lit est niché dans une alcôve de tuf, des terrasses privées contemplant le vide de la Gravina, des petits-déjeuners servis dans d'anciennes citernes éclairées à la bougie.
La Civita et le Piano : entre histoire et commodité
La Civita est le point culminant des Sassi, l'éperon rocheux qui domine les deux quartiers et sur lequel se dresse la cathédrale romane de Matera, chef-d'œuvre du XIIIe siècle. Dormir sur la Civita, c'est occuper la position la plus scénique de la ville, avec des vues qui embrassent tout l'amphithéâtre des Sassi et l'étendue sauvage de la Murgia au-delà. On y trouve quelques-uns des hôtels-boutiques les plus exclusifs, logés dans des palais nobiliaires et d'anciennes résidences ecclésiastiques où le tuf se mêle à la pierre travaillée et aux fresques restaurées. C'est un choix pour ceux qui veulent conjuguer la profondeur historique des Sassi avec un niveau de confort et de raffinement supérieur, et pour ceux qui apprécient de se réveiller au son des cloches de la cathédrale.
Le Piano, la ville moderne qui s'étend au-delà du rebord des Sassi le long des avenues des XIXe et XXe siècles, représente l'option la plus pratique et souvent la plus abordable. Vous n'y trouverez ni grottes ni voûtes de tuf, mais des hôtels classiques, des pensions propres et des appartements de location à des prix qui peuvent être la moitié de ceux pratiqués dans les Sassi. La Via Ridola, la Piazza Vittorio Veneto et la Via del Corso offrent une Matera vivante et quotidienne, avec ses commerces, ses marchés, ses cafés fréquentés par les locaux et une facilité d'accès que les Sassi, par nature, ne peuvent garantir. Pour les familles avec de jeunes enfants ou les voyageurs à mobilité réduite, le Piano est souvent le choix le plus judicieux, avec la certitude que les Sassi restent accessibles en quelques minutes de marche par les belvédères panoramiques de la Piazza Vittorio Veneto.
La Civita offre un nombre limité d'établissements, presque tous dans la gamme supérieure, avec des tarifs à partir de 200 euros qui grimpent significativement pendant les ponts et les fêtes. Le Piano, au contraire, est le territoire des voyageurs soucieux de leur budget : on y trouve les meilleures affaires de la ville, avec des chambres correctes à partir de 50 à 60 euros et des appartements familiaux dépassant rarement les 100 euros la nuit. La distance aux Sassi est toujours relative, jamais plus de dix ou quinze minutes à pied, et la possibilité de garer sa voiture à proximité est un avantage considérable dans une ville où la circulation dans le centre historique est à juste titre restreinte.
La Murgia et la campagne : le contrepoint rural
Pour ceux qui recherchent une expérience radicalement différente, la campagne de la Murgia Materana offre une alternative séduisante au séjour urbain. Les masserie, anciennes fermes fortifiées disséminées dans le paysage karstique, ont été dans bien des cas restaurées avec soin et transformées en agritourismes qui allient hospitalité paysanne et confort moderne. Dormir dans une masseria, c'est se réveiller dans le silence absolu du plateau, entouré de champs de blé, d'oliveraies séculaires et de murets de pierres sèches, avec la silhouette des Sassi visible à l'horizon comme un mirage de pierre.
Ce choix convient particulièrement à ceux qui voyagent en voiture et souhaitent explorer non seulement Matera mais aussi le territoire environnant : le parc de la Murgia et ses églises rupestres, les villages de l'arrière-pays lucanien, les plages ioniennes accessibles en une heure environ. Les masserie offrent souvent des expériences qui dépassent le simple hébergement, de la cueillette des olives à la dégustation de fromages locaux, des promenades guidées dans le paysage rupestre aux dîners sous les étoiles avec les produits du potager. Les prix sont les plus accessibles de la zone, avec des chambres entre 60 et 100 euros incluant presque toujours un copieux petit-déjeuner fait maison, et le sentiment d'authenticité est sans pareil. La contrepartie est la distance à la ville, généralement entre dix et vingt kilomètres, qui rend la voiture indispensable et les soirées dans les Sassi moins spontanées.
Les types d'hébergement : le tuf décliné de mille façons
Grottes-hôtels et suites rupestres : l'expérience emblématique
La grotte-hôtel est l'expérience qui définit Matera dans le paysage mondial de l'hôtellerie, quelque chose que l'on ne trouve nulle part ailleurs en Europe avec la même intensité et la même authenticité. Il s'agit de véritables grottes naturelles, creusées dans le tuf par les premiers habitants de la cité il y a des millénaires, qui ont été récupérées par un patient travail de restauration conservative et transformées en chambres d'hôtel sans perdre leur essence minérale. Les parois courbes, la roche vive qui affleure sous l'enduit, les niches qui accueillaient jadis des lampes à huile et abritent aujourd'hui des luminaires de designer, les voûtes basses qui imposent une intimité presque liturgique : tout concourt à créer une atmosphère qu'aucune chambre d'hôtel conventionnelle ne saurait approcher.
Les meilleures grottes-hôtels ont su trouver un équilibre délicat entre préservation et confort. Les lits sont excellents, le linge est de qualité, les salles de bains sont aménagées dans la roche avec des finitions modernes, la climatisation est présente mais discrète, et le chauffage au sol compense l'humidité naturelle de la pierre durant les mois d'hiver. Certains établissements ont conservé des éléments historiques extraordinaires : des citernes originales transformées en baignoires ou en petits bassins intérieurs, des mangeoires en pierre reconverties en vasques, d'anciennes caves rupestres devenues des salles de petit-déjeuner où le tuf chatoie à la lueur des bougies. Les tarifs pour une nuit en grotte-hôtel s'échelonnent de 150 à 400 euros, avec des variations significatives liées à la saison, à la taille de la grotte et à la spectacularité de la vue.
Un aspect qu'il vaut la peine de comprendre est que dormir dans une grotte constitue une expérience sensorielle différente de toute autre. La température reste naturellement fraîche en été et douce en hiver, grâce à l'inertie thermique du tuf, et le silence est absolu : la roche absorbe les sons comme une éponge, créant une isolation acoustique parfaite. L'humidité peut être plus élevée qu'à l'accoutumée, ce qui rend l'air doux et enveloppant mais peut nécessiter une brève adaptation pour ceux qui sont habitués à des environnements très secs. C'est une expérience que je recommande pour au moins une nuit à quiconque visite Matera, même à ceux qui préfèrent ensuite rejoindre un hébergement plus classique : le souvenir de ce réveil dans la pierre vous accompagnera pour toujours.
Chambres d'hôtes rupestres et maisons de tuf : l'hospitalité intime
À côté des grottes-hôtels structurées, Matera offre un réseau dense de chambres d'hôtes rupestres qui représentent peut-être la façon la plus authentique de vivre les Sassi. Ce sont de petits établissements, comptant souvent trois ou quatre chambres au maximum, tenus par des familles materanes qui ont investi passion et économies dans la restauration des grottes de leurs aïeux. L'accueil est personnel, les petits-déjeuners sont préparés avec des ingrédients locaux achetés au marché le matin même, et les conseils sur les bonnes tables, les sites à voir et les ruelles à explorer au coucher du soleil valent bien davantage que n'importe quel guide touristique. Dans ces lieux, on respire la vraie Matera, celle des familles qui ont choisi de rester dans les Sassi quand tous les autres partaient et qui partagent aujourd'hui avec leurs hôtes la fierté d'habiter un lieu unique au monde.
Les chambres d'hôtes rupestres se trouvent dans les deux Sassi et offrent un rapport qualité-prix souvent remarquable, avec des tarifs entre 80 et 150 euros la nuit. Beaucoup occupent des grottes qui conservent leur structure originale avec des interventions minimales : murs blanchis à la chaux, meubles simples en bois et fer forgé, textiles locaux, et cette sobriété qui est la véritable élégance du monde paysan méridional. N'attendez pas le luxe d'un hôtel-boutique, mais n'anticipez pas non plus de sacrifices réels : les salles de bains sont modernes et fonctionnelles, les lits confortables, et la propreté est généralement irréprochable. Ce que vous gagnez, c'est un contact humain authentique et un sentiment d'appartenance à la vie du quartier que les établissements plus importants, aussi raffinés soient-ils, peuvent rarement offrir.
Palais historiques et résidences d'époque : la Matera seigneuriale
Matera n'est pas faite uniquement de grottes. À côté de l'architecture rupestre existe une tradition d'architecture nobiliaire qui a laissé dans le tissu urbain des palais élégants, des résidences épiscopales et des demeures patriciennes qui abritent aujourd'hui des hôtels de charme et des résidences d'époque. Ces établissements, concentrés principalement sur la Civita et le long du rebord supérieur des Sassi, offrent une expérience différente de la grotte-hôtel : hauts plafonds à voûtes peintes, sols en majolique d'origine, escaliers de pierre sculptée, et ce sentiment de grandeur aristocratique qui contraste de façon fascinante avec la sobriété rupestre des quartiers en contrebas.
Choisir un palais historique, c'est vivre la Matera des barons et des évêques, la ville qui aux XVIIe et XVIIIe siècles était chef-lieu de province et siège d'une cour ecclésiastique raffinée. Les chambres sont vastes et lumineuses, souvent dotées de balcons donnant sur la place de la cathédrale ou sur le panorama des Sassi, et l'ameublement marie avec goût pièces d'antiquité et confort contemporain. Les prix se situent dans la tranche supérieure, généralement entre 200 et 500 euros la nuit, mais l'expérience est entièrement différente de la grotte et mérite d'être considérée, surtout par ceux qui apprécient les espaces généreux, la lumière naturelle et un sens de l'histoire qui s'exprime à travers l'art et l'architecture plutôt que par la géologie.
Masserie et agritourismes : la terre autour de la pierre
Les masserie de la Murgia Materana sont un monde à part : des structures imposantes bâties au cours des siècles passés comme postes agricoles et pastoraux dans le paysage austère du plateau karstique. Aujourd'hui, nombre de ces fermes ont été restaurées avec respect et transformées en agritourismes offrant une immersion dans la vie rurale lucanienne à quelques kilomètres du centre historique. Les chambres sont aménagées dans d'anciennes étables, des greniers à grain et des maisons de fermiers, conservant souvent les murs en pierre apparente, les poutres en bois et les mangeoires en tuf qui témoignent de siècles de labeur agricole.
L'expérience de l'agritourisme dans la Murgia est un choix qui privilégie le contact avec la nature et les rythmes de la terre. Les journées commencent par des petits-déjeuners pantagruéliques à base de ricotta fraîche, de pain fait maison, de confitures de figues et de friselle assaisonnées de tomates du jardin, et se poursuivent par des promenades dans le paysage rupestre, des visites aux églises ornées de fresques disséminées dans la gorge, et le silence profond d'un territoire qui semble n'avoir pas changé depuis des siècles. Les prix sont les plus démocratiques de la zone : on dort bien pour 60 à 100 euros la nuit, presque toujours avec le petit-déjeuner inclus, et certaines masserie proposent également la demi-pension avec des dîners de cuisine lucanienne authentique qui, à eux seuls, justifient le déplacement. La contrepartie est la nécessité de disposer d'une voiture, qui devient ici incontournable, mais pour ceux qui voyagent sur quatre roues et cherchent un point d'ancrage entre Matera, la côte ionienne et l'arrière-pays, la masseria constitue une base idéale.
Quand réserver : les saisons de Matera et leur impact sur l'hébergement
Matera a connu une véritable explosion touristique à partir de 2019, année où elle a été Capitale européenne de la culture, et les flux de visiteurs n'ont cessé de croître depuis lors. Cela a eu un impact direct sur la disponibilité et les prix des hébergements, rendant la planification anticipée plus importante que jamais. La bonne nouvelle est que Matera reste une destination agréable tout au long de l'année, chaque saison éclairant la ville d'une lumière différente et offrant des avantages spécifiques à ceux qui savent choisir leur moment.
Le printemps, d'avril à juin, est unanimement considéré comme la meilleure saison. Les températures sont douces, le paysage de la Murgia explose en une floraison d'herbes aromatiques et de fleurs sauvages, et la lumière a cette qualité dorée et oblique qui rend les Sassi encore plus photogéniques. Durant cette période, cependant, la demande est forte et les prix atteignent leurs sommets, particulièrement lors des week-ends prolongés autour du 25 avril, du 1er mai et du 2 juin. Réserver au moins deux mois à l'avance est vivement conseillé, et pour les établissements les plus convoités, mieux vaut s'y prendre encore plus tôt. Septembre et octobre offrent des conditions similaires avec une affluence légèrement réduite, et représentent peut-être le compromis idéal entre climat, atmosphère et disponibilité.
L'été, de juillet à août, apporte une chaleur intense qui peut rendre l'exploration des Sassi éprouvante aux heures centrales de la journée, quand le tuf réfléchit le soleil avec une force quasi aveuglante. Paradoxalement, c'est précisément en été que les grottes-hôtels révèlent leur avantage le plus concret : la température intérieure reste naturellement fraîche, autour de 18 à 20 degrés, offrant un refuge idéal contre la fournaise extérieure. L'été est aussi la saison des événements en plein air, avec des concerts, des spectacles et des festivals qui animent les Sassi jusque tard dans la nuit. Les prix sont élevés mais pas tout à fait au niveau du printemps, et la disponibilité est généralement meilleure.
L'hiver, de décembre à février, est la saison secrète de Matera, connue de peu et capable de procurer des émotions uniques. Les Sassi sous la neige, événement rare mais pas impossible, offrent un spectacle d'une beauté irréelle, et même sans neige l'atmosphère hivernale possède un charme sévère et ramassé que les foules estivales effacent. La crèche vivante organisée dans les Sassi, parmi les plus évocatrices d'Italie, transforme le quartier en un tableau qui semble sorti d'une toile du Caravage. Les prix hivernaux baissent sensiblement, avec des réductions pouvant atteindre 40 à 50 pour cent par rapport à la haute saison, et la disponibilité est large. La seule réserve est que certains petits établissements ferment entre janvier et février, d'où l'intérêt de vérifier avant de réserver. Les grottes-hôtels en hiver nécessitent un bon chauffage : la température naturelle de la roche est agréable mais insuffisante pour les mois les plus froids, et les établissements les mieux équipés disposent d'un chauffage au sol ou rayonnant qui compense l'humidité de la pierre.
Conseils pratiques : de la réservation à la valise
La première règle pratique pour quiconque réserve à Matera concerne les bagages et l'accessibilité. Les Sassi sont un quartier médiéval bâti sur des pentes raides, avec des rues qui sont fréquemment des escaliers, des passages étroits et des dénivelés exigeants. De nombreux hébergements ne sont pas accessibles en voiture, et les bagages doivent être transportés à pied le long de parcours pouvant compter des dizaines de marches. Avant de réserver, demandez toujours à l'établissement des informations précises sur le chemin d'accès depuis le point de dépose le plus proche, et considérez qu'une valise à roulettes est souvent plus un obstacle qu'une aide : un sac à dos ou un sac souple avec bandoulière est le choix le plus avisé. Les établissements les mieux organisés proposent un service de portage ou indiquent des points de dépose partenaires, mais c'est un détail à vérifier à l'avance.
Le stationnement est un aspect crucial. Le centre historique et la zone des Sassi sont interdits à la circulation, et les parkings les plus proches se trouvent le long de la Via Lucana, à la Piazza Matteotti, ou dans les parkings payants de la Via Annunziatella et de la Via Castello. Les tarifs sont généralement raisonnables, autour de 10 à 15 euros par jour, mais en période de pointe trouver une place peut demander de la patience. Certains établissements du Piano disposent d'un parking propre ou d'un parking conventionné, un avantage à ne pas sous-estimer. Pour ceux qui arrivent en train, la gare FAL de Matera Centrale est reliée à la ville haute par bus et taxi, mais se trouve à une distance que l'on peut aussi parcourir à pied en une vingtaine de minutes environ.
Côté budget, Matera propose des options pour toutes les bourses, mais il est important d'avoir des attentes réalistes. Une nuit dans une bonne grotte-hôtel coûte en moyenne entre 150 et 250 euros pour une chambre double, avec des pointes nettement supérieures pour les suites et en période de forte demande. Les chambres d'hôtes rupestres se situent entre 80 et 150 euros, tandis que le Piano offre des solutions traditionnelles à partir de 50 à 60 euros. Les agritourismes de la Murgia démarrent à 60 euros avec petit-déjeuner inclus. Pour ceux qui cherchent à économiser sans renoncer à l'expérience rupestre, le conseil est de viser les chambres d'hôtes du Sasso Caveoso hors saison : c'est là que l'on trouve les meilleures combinaisons de prix, d'authenticité et d'atmosphère. Les appartements en location touristique représentent une autre option intéressante, particulièrement pour les séjours de trois nuits ou plus et pour les familles : les prix démarrent à 80 à 100 euros la nuit pour un deux-pièces dans les Sassi, avec la possibilité de vivre le quartier avec une quotidienneté que l'hôtel ne permet pas.
Un dernier conseil concerne la durée du séjour. Matera mérite au moins deux nuits, idéalement trois. Une seule nuit impose une visite expédiée qui ne rend pas justice à la complexité et à la beauté stratifiée de la ville. Avec deux nuits, vous aurez le temps d'explorer les deux Sassi à loisir, de visiter les églises rupestres, de vous poster au bord de la Gravina au coucher du soleil et de nouveau à l'aube quand la lumière est différente, de vous perdre dans les ruelles sans l'angoisse de la montre. Avec trois nuits, vous pourrez ajouter une excursion dans le parc de la Murgia, peut-être à pied en traversant le pont tibétain qui relie les Sassi au plateau, ou une journée dans la campagne environnante entre masserie, caves vinicoles et villages de l'intérieur. Matera n'est pas une ville à cocher sur une liste : c'est un lieu à habiter, même pour quelques jours seulement, et le choix du bon hébergement est le premier pas pour le faire de la meilleure façon possible.
Ceux qui voyagent pendant les mois les plus chauds noteront que la climatisation dans les grottes peut varier : certains établissements s'appuient uniquement sur la fraîcheur naturelle du tuf sans installation supplémentaire, et de fait, en juillet et août, la différence de température entre l'extérieur brûlant et l'intérieur de la grotte est si marquée qu'elle rend tout climatiseur superflu. En hiver, en revanche, vérifiez la présence d'un chauffage adéquat : les établissements plus récemment rénovés disposent de systèmes rayonnants au sol qui assurent un confort optimal, tandis que certains plus anciens s'appuient sur des solutions plus rudimentaires. Dans tous les cas, prévoyez toujours une couche supplémentaire pour les soirées : l'hiver materan peut être étonnamment froid, avec un vent qui remonte de la Gravina et traverse les Sassi avec une force inattendue.
Si vous planifiez votre voyage, consultez également notre itinéraire de deux jours à Matera pour organiser au mieux votre visite.
Pour découvrir les saveurs locales, consultez notre guide où manger à Matera.
Pour savoir comment rejoindre la ville, consultez notre guide comment arriver à Matera.
Infos pratiques
Quelle est la meilleure période pour visiter Où dormir à Matera ?
La période recommandée est Avril, Mai, Juin, Septembre et Octobre, quand l'affluence est moindre.
Où dormir à Matera est-elle bondée ?
Où dormir à Matera est une destination peu bondée par rapport aux sites les plus touristiques.
Où se trouve Où dormir à Matera ?
Où dormir à Matera se trouve en Matera, Basilicata, Italie.